Un nouveau projet de GNL pourrait voir le jour à Baie-Comeau
Un « GNL Québec 2.0 » pourrait voir le jour sur la Côte-Nord. L’entreprise d'origine norvégienne Marinvest Energy Canada songe à lancer un nouveau projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel et de gazoduc à Baie-Comeau. Citant plusieurs sources, le quotidien Le Devoir a rapporté vendredi que l’entreprise veut installer un complexe de liquéfaction et un terminal maritime directement dans les eaux du fleuve Saint-Laurent, dans le but d'exporter du gaz naturel albertain vers l'Europe. Le projet inclurait aussi la construction d’un gazoduc de plusieurs centaines de kilomètres au Québec, qui raccorderait les installations au réseau de TC Energy. En février dernier, le gouvernement Legault s’était montré ouvert à une nouvelle version du projet GNL Québec, qui prévoyait entre autres la construction d’un gazoduc transportant du gaz naturel albertain du nord de l’Ontario jusqu’à Saguenay. Québec avait refusé d'autoriser le projet en juillet 2021, citant un rapport défavorable du BAPE rendu public quelques mois plus tôt. En février 2022, dans un rapport de 285 pages, l'Agence d'évaluation d'impact du Canada avait fait savoir que le projet GNL Québec était susceptible de nuire à l'environnement. L'Agence concluait que l'usine augmenterait les gaz à effet de serre (GES), que la hausse du trafic maritime sur le Saguenay nuirait à la population de bélugas, tandis qu’il y aurait également des effets négatifs sur les Premières Nations innues. Le gouvernement Trudeau avait donc décidé que ces impacts négatifs sur l’environnement étaient non justifiables dans les circonstances et avait refusé d'accorder son autorisation. Le projet GNL Québec avait fait face à une vive opposition au Saguenay. (Photo d'archives) Photo : Philippe L'Heureux Dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis, L’acceptabilité sociale demeure une condition essentielle pour tout projet. Aussi, il va falloir qu’il y ait des retombées pour le Québec. En point de presse à Sept-Îles, le premier ministre François Legault a confirmé que des membres de son équipe avaient rencontré des représentants de Marinvest Energy Canada. Ce nouveau projet survient alors que le gouvernement fédéral vient tout juste d’adopter son projet de loi controversé sur les grands projets d’infrastructure qu’il jugera d’ Québec et Ottawa devraient, selon lui, fermer la porte à tout nouveau projet de ce genre. Pour l'organisme Nature Québec, Simon Langlois-Bertrand, associé de recherche à l’Institut de l'énergie Trottier, abonde dans ce sens. Il estime que le Canada pourrait avoir de la difficulté à se tailler une place dans les marchés mondiaux. En Asie, où des fournisseurs sont déjà bien établis, les marchés Sur le plan environnemental, Simon Langlois-Bertrand a rappelé les risques pour la biodiversité de la région de Baie-Comeau ainsi que les risques de fuites. Bien que le gaz naturel liquéfié puisse remplacer des combustibles plus polluants comme le charbon, les La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a qualifié ce nouveau projet de De son côté, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a salué le projet sur Facebook en affirmant que plus de 60 % des Québécois seraient en faveur de sa réalisation et en accusant la Avec les informations de La Presse canadienneLes promoteurs sont venus nous rencontrer pour nous parler de l’idée du projet
, a confirmé le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, à l'émission Bonjour la Côte. On n’en sait vraiment pas beaucoup. Aucun document n’a été déposé.
On n’est pas fermés en partant, mais on n’est pas rassurés non plus
, a indiqué M. Furlong. Si c'est un projet qui est considéré [comme] important par le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial et qu’ils décident de le porter comme un projet national, on aura peu de choses à dire.

si de nouveaux projets sont présentés, nous sommes prêts à les examiner attentivement [et] c’est ce que nous ferons avec celui-ci
, a indiqué le cabinet de la ministre québécoise de l'Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette.La première chose qu’on va regarder, c’est les retombées économiques, a-t-il assuré. Est-ce qu'il y a des emplois payants pour les Québécois? Est-ce qu'il y a des revenus qui peuvent aller aux Québécois? Si c’est payant pour les Québécois, on va le regarder, si c’est pas payant pour les Québécois, on ne le regardera pas.
intérêt national
. Afin qu’il soit mis en branle plus rapidement, un projet pourrait ainsi passer outre certaines lois, notamment environnementales.Si Québec veut faire avancer ce projet avec le promoteur, nous évaluerons s’il correspond aux critères
d’intérêt national, a indiqué le ministre fédéral de l’Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson.
Absurde
Dans un monde qui se tourne vers les énergies renouvelables, ressusciter des projets d’infrastructures fossiles relève de la folie : ces projets morts-vivants n'ont plus leur place dans notre avenir énergétique et ne devraient jamais voir le jour
, a dénoncé vendredi matin le directeur de la campagne Climat-énergie de Greenpeace, Louis Couillard.un nouveau projet de gaz naturel liquéfié en 2025, c’est absurde
.De tels projets ne peuvent ni voir le jour ni être rentables sans être financés par les contribuables parce que les marchés ne sont plus au rendez-vous et que les coûts de telles infrastructures sont faramineux
, a indiqué l'organisme dans une déclaration écrite. Tout ça pour des retombées marginales et temporaires pour le Québec, puisque ce serait un projet voué à l’exportation.
On mise beaucoup sur la demande en Europe parce que l'Europe doit s’affranchir du gaz russe. Mais l’Europe a déjà réduit sa consommation de gaz depuis deux ans, donc c’est difficile de voir les perspectives à court et à moyen terme
, a souligné M. Langlois-Bertrand.seraient aussi très difficiles à percer
, a-t-il ajouté en entrevue à l'émission L'info maintenant, sur les ondes d'ICI RDI.fréquentes
fuites de méthane, un puissant GES, contribueraient au réchauffement climatique, a-t-il expliqué.complètement irresponsable
. Marinvest et tous ceux et celles qui appuieront un nouveau mégaprojet de GNL au Québec vont trouver Québec solidaire sur leur chemin
, a-t-elle réagi sur X.CAQ et le Parti québécois de s'opposer à de tels investissements
.
Advertising by Adpathway









